Ingrid in Kameroen

Dans le cadre du projet ASP Cameroun, Fedustria a eu l'occasion de participer à un voyage d'étude au Cameroun. ASP Cameroun est un projet européen, coordonné par l'ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux) et co-animé par la fondation néerlandaise Stichting Probos. Ce projet a pour objectif de faciliter le commerce du bois durable entre le Cameroun et l’UE, mais aussi de discuter avec les entreprises locales des obstacles, des préoccupations et des points de friction qui entravent un commerce durable. Des sujets tels que la certification FSC et la découverte d’essences de bois moins connues ont bien sûr été également abordés.

Du 8 au 13 mars, Ingrid Hontis (Fedustria, et également présidente de FSC Belgique), accompagnée d’Eli Prins (Fondation Probos) et de Lorenzo d’Onofri (président de la Fédération européenne du parquet), a pu profiter d’une semaine riche en visites intéressantes au Cameroun. Pour l’organisation pratique, ils ont pu compter sur Germain Yéné de l’ATIBT. 

Ingrid nous partage ici son récit de voyage.

"Dès notre arrivée, nous avons pu visiter les bureaux des sociétés SEEF et CUF, ainsi que de l'usine de placage d'Alpicam, tous situés dans la ville portuaire de Douala. Les mots « Belgique » et « CITES » se sont rapidement révélés être une mauvaise combinaison : à plusieurs reprises, des plaintes ont été formulées concernant les longs délais d'obtention des permis d'importation CITES dans l'UE, et plus particulièrement en Belgique. Cette problématique ne nous est bien sûr pas étrangère. Lors de la journée d'étude organisée par le service CITES belge le 19 mars, des conseils ont d'ailleurs été prodigués dans ce sens pour permettre de constituer plus rapidement des dossiers de demande complets.

Le règlement européen sur la déforestation (EUDR) est moins préoccupant, car les producteurs camerounais y sont déjà préparés. Ce qui suscite toutefois de nombreuses plaintes, c'est la combinaison de toutes ces formalités administratives : il y a la CITES, l'EUDR, les contrôles douaniers, et à cela s'ajoute la demande du marché pour davantage de bois certifié. Une meilleure coordination des différentes initiatives législatives, avec une reconnaissance claire du bois certifié, est vraiment nécessaire pour maintenir ce commerce durable. Nous ne devons en effet pas être naïfs : dans d’autres parties du monde, les exigences sont bien moins strictes. Nous devons donc absolument veiller à ne pas nous enliser dans une paperasserie administrative et à maintenir la motivation des producteurs à s’engager dans la certification FSC.

Nous avons ensuite mis le cap sur le site d'Alpicam/Grumcam à Mindourou, situé dans l'est du Cameroun. Il s'agit d'une entreprise entièrement certifiée FSC, qui exploite également quatre concessions forestières certifiées FSC. Nous avons pu suivre l'ensemble du processus : dans la forêt, nous avons appris comment chaque tronc d'arbre était minutieusement inventorié, comment les plans de gestion forestière étaient élaborés et comment la traçabilité était rigoureusement assurée pendant la récolte. Le code attribué au tronc d’arbre dans la forêt est transféré à la scierie, où la traçabilité est à nouveau assurée. Parallèlement, Alpicam s’engage pleinement dans le reboisement. Nous avons pu d'ailleurs à ce sujet visiter leur pépinière et leurs activités de reboisement. La pépinière est gérée par plusieurs femmes, ce qui montre que l’entreprise souhaite également promouvoir la présence des femmes dans le secteur. Ce qui nous a également frappé pendant le (long) trajet en voiture, c'est que, contrairement à d'autres régions du pays, les maisons de la population locale étaient ici construites en bois provenant de la scierie. Le fait que la scierie apporte également une importante valeur ajoutée sur le plan social se voit, par exemple, dans les investissements réalisés dans les domaines de la santé et de l'éducation.

Kameroen

La direction a encore de nombreux projets, mais il faudra bien sûr du temps pour les mettre en œuvre. En attendant, le message est clair : grâce à la valorisation économique du bois issu d'une production durable, l'entreprise peut continuer à investir, et ces investissements profitent également à l'environnement et à la population locale.

Le voyage s'est achevé par une visite de la délégation de l'UE dans la capitale, Yaoundé, où nous avons également eu le plaisir d'accueillir plusieurs représentants des ambassades de l'UE, dont l'ambassade de Belgique. Une bonne coopération sera en tout cas essentielle pour nous soutenir mutuellement et défendre efficacement les intérêts du secteur."