Maria Visovam vit seule dans le village de Breb. Elle est âgée, mais très autonome : elle transporte des bûches pour son poêle à bois et tisse des étoffes sur un métier à tisser traditionnel. Sa maison illustre ce qui se passe lorsqu'une communauté apprend à ne prendre que ce dont elle a besoin.

Le secret de cet endroit ? Des générations de savoir-faire sur les arbres à abattre et ceux à laisser debout, sur les moments où il faut recourir aux chevaux plutôt qu’aux machines lourdes, et sur la manière dont les jeunes arbres peuvent pousser dans l’espace créé par leurs aînés. Des pratiques si profondément enracinées qu’elles ont résisté même à la nationalisation communiste, et la valeur de ces forêts est restée inchangée. En 2010, après des années de travail menées par les gardes forestiers locaux et le WWF, cette approche a été reconnue et la forêt de Maramureș a obtenu la certification FSC.

De nos jours, les jeunes partent vers les villes et les métiers traditionnels, comme la fabrication des tuiles de Teodor, disparaissent. Le WWF et les communautés locales s'engagent dans un projet pilote visant à reconnaître toute la valeur de la forêt – non seulement pour le bois, mais aussi pour la biodiversité, les atouts naturels et récréatifs, ainsi que les histoires qu'elle recèle.

En 2022, ces forêts ont été les premières en Roumanie à obtenir la certification FSC pour les services écosystémiques liés aux loisirs et à la biodiversité. Cela a ouvert la voie à de nouveaux financements pour la conservation de la nature et la création d'emplois locaux.
Parfois, les idées novatrices trouvent leur source dans les sagesses les plus anciennes. Et la certification peut mettre en avant l'importance de ces pratiques.
Découvrez l'intégralité de l'histoire (interactive) ici.
