« Actif au sein de FSC Belgique depuis maintenant 16 ans, l’occasion m’a été donnée de participer en tant qu’observateur à la dernière Assemblée Générale de FSC International qui s’est organisée fin octobre au Panama. C’était un réel privilège pour moi de pouvoir assister à cet événement qui a mobilisé durant une semaine plus de 500 membres issus des quatre coins du monde et répartis selon leurs activités dans les chambres économique, sociale ou environnementale de FSC International ».

Stéphan and Ingrid at the GA

Ingrid Hontis, présidente de FSC Belgique était également de la partie pour représenter FEDUSTRIA, membre de FSC International.

Ce rendez-vous tri-annuels est à chaque fois l’occasion pour les membres de prendre notamment position sur un ensemble de motions soumises au vote.

Rappelons ici que les motions restent l'un des outils les plus puissants dont disposent les membres pour influencer les orientations du FSC. Elles permettent aux membres de proposer des modifications aux politiques, aux normes et à la gouvernance du FSC, et sont au cœur du processus démocratique qui rend le FSC unique en son genre. Chaque motion reflète donc l'engagement des membres à façonner un FSC plus fort et plus efficace.

Mais pour être adoptée, une motion doit franchir plusieurs étapes. Elle doit tout d’abord être portée par un membre d’une des trois chambres et être déposée avec le soutien d’un membre de chacune des deux autres chambres. Celle-ci doit ensuite être validée par un ‘Comité des motions’ désigné par le Conseil d'administration du FSC afin de les évaluer et d’affiner leur formulation si nécessaire. L’ensemble des Motions validées sont alors portées à la connaissance des membres plusieurs semaines avant l’AG pour en débattre.

Lors de l’AG, ces motions peuvent, si souhaité, encore être ajustées en fonction d’éventuelles négociations entre chambres avant de passer au vote. La version définitive est alors présentée par le dépositaire en séance plénière. Le secrétariat de FSC International est invité à présenter les implications que cette motion peut avoir en termes financier et de mise en œuvre avant de laisser ensuite la place aux questions de l’assemblée. Une fois que les préoccupations, soutiens ou autres commentaires ont pu être entendus, la motion est soumise au vote. Pour qu’une motion soit adoptée, d’une part, le nombre de votants doit être représentatif, c’est-à-dire supérieur à 50% des membres dans chaque chambre et d’autre part, les votes favorables doivent être majoritaires dans chaque chambre et représenter 2/3 de l’ensemble des votes (favorables et défavorables), toute chambre confondue.

GA

« Ce qui est assez frappant pour l’avoir vécu de l’intérieur, c’est à la fois la diversité des membres réunis derrière une même cause mais aussi la possibilité qui est donnée à chacun de pouvoir s’exprimer : quelques mains levées dans une assemblée de plusieurs centaines de personnes suffisent à relancer les débats. Ceux-ci se clôturent la plupart du temps une fois que tout le monde a pu partager ses inquiétudes, préoccupations, motivations ou son adhésion à telle ou telle motion. Le jeu des négociations entre chambres a également participé à aboutir à des consensus autour de plusieurs motions ».

Au total, ce sont 42 motions qui ont été débattues et soumises au vote autour d’enjeux très divers touchant le fonctionnement du FSC, son organisation, son intégrité, les orientations stratégiques, sa place et sa reconnaissance face aux enjeux mondiaux...

Les résultats des votes ont été publiés et sont actuellement disponibles sur la plateforme créée pour l’occasion. On peut ainsi dénombrer 16 motions acceptées sur les 42 soumises au vote parmi lesquelles on retrouve des motions clés comme :

  • la motion 30 portant sur le renforcement de l’intégrité des déclarations FSC sur les produits certifiés ;
  • la motion 32 visant à la rationalisation et la simplification du cadre normatif FSC ;
  • ou encore la motion 45 traitant des mécanismes permettant d’ajuster au mieux les seuils relatifs aux Paysages forestiers intacts, présents principalement en forêt tropicale et boréale.

Mais une Assemblée Générale ne doit pas uniquement se résumer à l’adoption ou non de motions, elle reste également un lieu privilégié pour les contacts et les échanges. De nombreux ateliers et tables rondes ont ainsi été organisés sur des thèmes très diversifiés liés aux défis actuels et futurs du FSC mais aussi aux différents processus en cours, comme la révision des Principes et Critères FSC de la norme forestière.

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Prise de parole de Ingrid Hontis lors d’un atelier consacré à la chaîne de valeur du bois tropical issu d’une gestion forestière responsable.

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« Se retrouver au cœur de l’expertise des membres et des débats qui les animent reste une expérience unique. »

Cette assemblée aura aussi été marquée par la présence de la ministre de l’Economie Forestière de la République du Congo et du ministre de l’Environnement du Panama, pays hôte de cette 10ème AG. Ce dernier a d’ailleurs profité de sa venue pour signer un accord visant à renforcer la certification FSC au Panama, à promouvoir la transparence et à garantir la conservation des forêts au sein du patrimoine forestier national du Panama.

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Cette semaine aura également été ponctuée de moments plus informels et festifs comme lors de la mise à l’honneur de Timothy Synnott, 1er Directeur général de FSC, de 1994 à 2002, et cheville ouvrière dans la mise en place du FSC à ses débuts, et dans son développement.

Enfin, le succès de cette Assemblée n’aurait pas été possible sans l’implication d’innombrables collègues qui, souvent dans l’ombre, ont rendu possible son organisation dans les meilleures conditions.